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Méchant, Méchant (1993) - Niki de Saint-Phalle (1930 - 2002)

Centro de Arte Manuel de Brito, CAMB, Palácio dos Anjos, Algés, Portugal

Matériel: Litographe, 29/250
Collection: Manuel de Brito

BIOGRAPHIE

Niki de Saint Phalle, née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint-Phalle, à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, le 29 octobre 1930 et morte à La Jolla, comté de San Diego, Californie (États-Unis) le 21 mai 2002, est une plasticienne, peintre, sculptrice et réalisatrice de films franco-américaine.

Niki de Saint Phalle a d’abord été mannequin, puis mère de famille avant d’aborder l’art en autodidacte. ELLE N’A SUIVI AUCUN ENSEIGNEMENT ARTISTIQUE ACADÉMIQUE, mais s’est nourrie d’abondants échanges artistiques avec ses aînés et contemporains.

S’inspirant de plusieurs courants, art brut, art outsider, elle a commencé à peindre en 1952. En 1961, elle est membre du groupe des Nouveaux réalistes, tout comme Gérard Deschamps, César, Mimmo Rotella, Christo et Yves Klein. D’abord épouse de Harry Mathews, avec qui elle a deux enfants, elle se marie en secondes noces avec l’artiste Jean Tinguely en 1971. Avec lui, elle va réaliser un grand nombre de sculptures-architectures, soit sur commande, soit pour le simple plaisir. Ensemble, ils ont réalisé en France la fontaine Stravinsky sur commande d’État à Niki, et Le Cyclop, création de Jean, sans permis de construire.

Outre les Tirs, performances qui l’ont rendue internationalement célèbre dès les années 1960, Niki a créé un très grand nombre de sculptures monumentales dans des parcs de sculptures. Certaines ont été réalisées sur sa propre initiative et avec ses deniers personnels comme celle du jardin des Tarots en Toscane, ou du Queen Califia’s Magical Circle, dans le parc de Kit Carson à Escondido, dans la ville de Escondido, (Californie).

D’autres ont été commandées par des États ou des collectivités locales. À Jérusalem, la municipalité lui commande en 1971 un monstre pour enfants, Le Golem, inauguré en 1972 dans le parc Rabinovitch, qui porte désormais le nom familier de The Monster Park. En 1994, la Jerusalem Foundation lui passe une deuxième commande pour le Zoo biblique. Niki produit un ensemble de sculptures d’animaux intitulé L’Arche de Noé qu’elle termine en 1998. En 1987, François Mitterrand lui commande, conjointement avec Jean Tinguely, la fontaine de Château-Chinon.

Jouant de sa beauté, de son talent à porter les toilettes les plus étranges, l’artiste a très vite attiré l’attention des médias sur elle et du même coup sur le couple qu’elle forme avec son compagnon devenu ensuite son époux, Jean Tinguely. Mais si les médias se sont laissés prendre par cette apparente désinvolture, les historiens de l’art, comme Camille Morineau, Pontus Hultén ou Amelia Jones, ont bien retenu d’elle ses œuvres fortes, démesurées, et ses prises de risques.

Niki de Saint Phalle laisse derrière elle une œuvre immense dont elle a fait de généreuses donations en particulier au Sprengel Museum Hannover et au musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice.

Elle a défendu la postérité de son compagnon en œuvrant pour l’ouverture du musée Tinguely à Bâle.

Née d’une mère américaine, Jeanne-Jacqueline Harper, et d’un père français, André Marie Fal de Saint-Phalle, elle est le deuxième enfant d’une famille de cinq (John, Marie-Agnès, Claire, Elizabeth, Richard).

Confiée pendant trois ans à ses grands-parents qui vivent à la campagne, dans la Nièvre2, elle grandit ensuite à New York et se marie à l’âge de dix-huit ans avec le poète Harry Mathews, un ami d’enfance qui fait alors son service militaire. C’est d’abord un mariage civil, puis sur l’instance des parents de Niki, les jeunes gens procèdent à un mariage religieux à l’église française de New York.

Pendant longtemps, elle cache un lourd secret, le viol par son père à l’âge de onze ans, qu’elle révèlera en 1994, à soixante-quatre ans, dans son livre Mon secret.

Elle travaille d’abord comme mannequin, pour Vogue, Life et Elle encouragée par le peintre Hugh Weissnote .

En 1953, à 22 ans, « victime d’une grave dépression nerveuse », elle est soignée en hôpital psychiatrique. Les électrochocs qu’elle y reçoit altèrent sa mémoire.

« J’ai commencé à peindre chez les fous… J’y ai découvert l’univers sombre de la folie et sa guérison, j’y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l’espoir et la joie. »

C’est là que commence sa carrière, à l’image des artistes de la Collection de l’art brut de Jean Dubuffet. L’exposition parisienne de 2014 au Grand Palais « révèle la proximité de Niki de Saint Phalle avec Jean Dubuffet (1901-1985), le théoricien de l’art brut.»

Vers 1955, elle voyage en Espagne avec son mari et découvre les jardins de Gaudí. À Paris, où elle trouve son inspiration au musée d’art moderne, elle rencontre Jean Tinguely, qu’elle épousera en 1971, après avoir divorcé de Harry.

Les Tirs, performances durant lesquelles l’artiste tire à la carabine sur des poches de peinture, éclaboussant de couleurs des tableaux-assemblages, la rendent célèbre au niveau international dès 1960. Elle les dédie souvent à d’autres artistes qui participent eux-mêmes aux tirs : Tir de Jasper Johns, Hommage à Bob Rauschenberg (Shot by Rauschenberg).

Ces hommages amènent à une étonnante performance collective à l’ambassade des États-Unis à Paris le 20 juin 1960, au cours de laquelle Robert Rauschenberg se lance dans un de ses Combine painting, pendant que David Tudor joue du piano en tournant le dos au public, que Tinguely présente une machine à strip-tease, et que Niki organise un tableau-cible auquel Jasper Johns ajoute des fleurs.

À cette époque, Niki intègre le cercle des NOUVEAUX RÉALISTES, participant à l’exposition organisée par Pierre Restany « À 40 degrés au-dessus de Dada » à la galerie J, dirigée par la femme de Restany, Jeannine de Goldschmidt.

De juillet à septembre 1961, elle est au « Festival des Nouveaux Réalistes » à la galerie Muratore de Nice, organisée encore par Restany. Puis elle participe à l’exposition « LE NOUVEAU RÉALISME À PARIS ET À NEW YORK » organisée à Paris, toujours par Restany à la galerie Rive droite. Elle crée des ex-voto, puis des Nanas, femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester.

Ses œuvres plus tardives sont la FONTAINE STRAVINSKY À PARIS ENTRE L’ÉGLISE SAINT-MERRI ET LE CENTRE POMPIDOU, le Jardin des Tarots à Capalbio en Toscane, ou les Tableaux éclatés, dont elle a baptisé les trois premiers exemplaires Méta-Tinguely en hommage à son compagnon. Des Tableaux éclatés se trouvent à l’espace Niki de Saint Phalle-Jean Tinguely du musée d’art et d’histoire de Fribourg. Sa dernière œuvre monumentale est un parc de sculptures en Californie : Queen Califia’s Magical Circle.

Selon sa petite-fille, Bloum Cardenas, Niki et Jean ont toujours parlé ensemble de leur mort respective et de ce que deviendrait leur œuvre :

« Ils reformulaient sans cesse leurs testaments, ainsi que les détails des devoirs dont serait chargé celui qui survivrait à l’autre. Malgré la santé fragile de Niki, Jean aimait à dire : “Elle nous enterrera tous”, ajoutant que sa propre œuvre disparaîtrait avec lui. Cette boutade, et le fait qu’il ait disparu avant elle, Niki l’a pris comme un défi : elle s’est battue contre tous pour que le musée Tinguely existe. »

En 1992, elle réalise L’Arbre aux serpents, exposé dans la cour du musée des beaux-arts d’Angers. En 1994, pour des raisons de santé, elle s’établit à La Jolla, en Californie, elle y installe son atelier où elle crée de nombreuses sculptures et de moins en moins de peintures. Elle y reste jusqu’à sa mort. L’artiste, dont les poumons ont été rongés par les poussières de polyester qu’elle découpait pour ses sculptures, souffre d’insuffisance respiratoire depuis la fin des années 1970, et de polyarthrite rhumatoïde depuis le début des années 1980.

Elle s’éteint, le 21 mai 2002, à l’hôpital de San Diego, des suites de son insuffisance respiratoire chronique.

ENGAGEMENTS

Niki de Saint Phalle a soutenu plusieurs causes : celle des Noirs américains, celle de la libération des femmes du patriarcat, celle des malades atteints du sida (elle s’est engagée dans l’association AIDES, et a réalisé avec son fils un film sur le sujet).

ŒUVRES PRINCIPALES

LES TIRS

La première séance de tirs a lieu le 12 février 1961, derrière l’impasse Ronsin. Les Tirs sont des tableaux préparés fixés sur une planche, composés de morceaux de plâtre, de tiges contenant des œufs et des tomates, des berlingots de shampoing et des flacons d’encre. Niki est une tireuse d’élite, elle a appris à tirer avec son grand-père. Très vite, une deuxième séance de tir a lieu le 26 février. Ce jour là, sont présents : le poète américain John Ashbery, Gérard Deschamps, Raymond Hains, l’artiste américaine Shirley Goldfarb, Sabine Weiss, Hugh Weiss, le sculpteur américain James Metcalf, Eva Aeppli.

Le 23 avril 1961, à la suite d’une émission à l’ORTF En français dans le texte, qui présente les performances, Niki et ses tirs deviennent un phénomène national. C’est par ce film que le public français apprend que Niki a déjà une réputation internationale et qu’une séance de tirs a déjà eu lieu au Moderna museet de Stockholm.

En fait grâce à Pontus Hultén, des tirs ont déjà été exposés au Stedelijk Museum et le 12 mars 1961, des œuvres ont été accrochées à un arbre en présence de William Seitz qui défend l’art moderne au MoMa. D’autres Tirs sont largement diffusés, notamment celui où Jean Tinguely effectue un tir dans une cour de Stockholm pour la télévision suédoise.

Les Tirs sont la représentation d’une violence matérialisée, un moyen d’extérioriser les démons intérieurs de Niki. Inévitablement liés à la mort, les Tirs paradoxalement, redonnent vie à la Vanitas traditionnelle. « Ce qui est pris en compte dans la série de Niki, c’est la représentation du temps (la performance, l’impact, l’affect) et cela va bien au-delà des belles atmosphères des Cathédrales de Monet ou même du magistral essai de Gilles Deleuze Différence et répétitionnote 4 qui paraît à cette époque-là22. »

Dès cette période, selon Catherine Gonnardnote 5 Niki est « une figure de proue de l’avant-garde à la télévision. » Il est vrai que son personnage passe à l’écran. Pierre Restany « se sert de son rapport exceptionnel à l’image pour faire connaître la nouvelle avant-garde […] notamment lors de la projection en salle d’un document intitulé « Un certain art… » qui présente Jean Tinguely, James Metcalf et Niki de Saint Phalle »23. L’artiste connaît bien le media télévisuel et elle va l’utiliser, « même si elle n’a pas la parole dans les interviews et si le choix des montages et des commentaires invitent à ne pas la prendre au sérieux […] , même si elle n’est pas dupe de ce jeu ambigu24, » tout comme tous les Nouveaux Réalistes de Restany qui vont s’annoncer eux aussi comme l’avant-garde sur un petit écran en noir et blanc25. Le premier « tir » de l’impasse Ronsin a été effectué devant les caméras de United Press International26. Le mardi suivant, c’est le magazine Télé 7 jours qui annonce : « Ultra borborygmes, sculpture détonante, peinture au 6.35, la tv vous présente l’avant-garde »23.

Niki sait jouer de son élégance et de sa beauté, tantôt avec des blouses tachées et déchirées, tantôt en pull et pantalon, tantôt en combinaison blanche et bottes ou en « petit soldat de l’armée napoléonienne » en noir avec de la dentelle aux manches et au col27. Cette élégance et cette beauté frappent le téléspectateur lors de l’entrevue diffusée le 3 février 1965 par l’ORTF à 21 h 20 dans l’émission Pour le plaisir23. Les discours misogynes ouverts ou sous-entendus s’empressent d’enfermer l’artiste dans ce que l’on qualifierait aujourd’hui de people, et dès les années 1970 les critiques d’art cessent d’accorder toute autonomie à Niki pour ne présenter son travail qu’aux côtés de Jean, en couple, laissant entendre que c’est surtout Jean Tinguely l’artiste du couple28. Ce qui explique la confusion sur l’importance de l’art de Niki de Saint Phalle, à laquelle a contribué, entre autres, son très long entretien avec l’historien d’art Maurice Rheims en 1965, parce qu’il est paru dans Vogue et non dans un journal d’art29. Cette confusion a été étonnamment persistante jusqu’aux rétrospectives des années 200028.

Les Nanas[modifier | modifier le code]
Par la suite, Niki de Saint Phalle explore les représentations artistiques de la femme en réalisant des poupées de taille impressionnante, les Nanas, dont une version des plus connues se trouve au musée Tinguely de Bâle : Gwendoline inspirée par la grossesse d’une de ses amies, l’actrice Clarice Riversnote 6. Une autre version inspirée par la grossesse en général est Elisabethnote 7, 1965, 230 × 90 × 146 cm30 ; elle se trouve au musée d’art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg. Une série de Nanas est en exposition permanente à l’endroit où s’installe le marché aux puces de Hanovre (Allemagne). La taille de ces Nanas a une signification, Il s’agit pour Niki de Saint phalle de se détacher du monde du marché de l’art et de ses dictats imposés notamment par les galeristes. C’est alors la volonté de prendre une fois encore ses distances avec le milieu aisé d’où elle vient et qui n’a pas su la protéger dans sa jeunesse.

Les Nanas sont non seulement géantes, chahuteuses, dansantes, jambes en l’air — Nana noire upside down (deux jambes en l’air), 135 × 105 × 108 cm , MAMAC de Nice ; Nana jambe en l’air (une seule jambe en l’air), 190 × 135 × 90 cm, coll. particulière31 —, mais encore elles se produisent en scène dans une ballet de Roland Petit. Intitulé Éloge de la folie, monté au théâtre des Champs-Élysées à Paris32 où il fait un triomphe en mars 1966, le ballet met en scène les Nanas sur tiges, ou tenues à bout de bras par des danseurs33. Les décors sont de Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Martial Raysse, la musique est de Marius Constant, le texte de Jean Cau. Niki y dénonce la guerre avec des figures de tyrannosaures, la drogue symbolisée par un danseur-pantin sur fond de panneau aux couleurs vives. L’intervention des Nanas symbolise aussi la suprématie de la femme. Le public et la presse font un accueil triomphal au spectacle33. On peut voir aussi dans ces Nanas une revendication qui va au delà des femmes. Ces Nanas noires lui permettent de soulever la difficulté des personnes de couleur de s’imposer dans un monde de blancs tout comme la difficulté pour les femmes de trouver sa place dans un monde d’hommes34.

Article détaillé : Nana (Niki de Saint-Phalle).

Gwendolyn en face du musée Tinguely à Bâle (Suisse).

Nana à Hanovre en Allemagne.

Nana à Hanovre en Allemagne.

Nana hors du musée d’art moderne de Stockholm, en Suède.
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Le Golem[modifier | modifier le code]

Le Golem en 1990.

Le Golem en 2007.
Ce monstre à trois langues qui sert de toboggan est situé dans Rabinovitch Park à Jérusalem-Ouest. La population désigne désormais le parc sous le nom familier de The Monster Park. Commandé en 1971 par la municipalité de Jérusalem, Israël, il a été inauguré en 197235. Une photo de 1974 montre Niki assise à côté de la maquette du Golem, elle porte un chapeau-bibi à voilette, un pull noir à col roulé, une chaîne dorée avec une grosse croix catholique, et un jean35. Une deuxième photo prise en 1972 par Leonardo Bezzola présente le All Stars Swiss Team comprenant Jean Tinguely, Rico Weber et Paul Wiedmer, ainsi que Niki de Saint Phalle, devant la carcasse du Golem en construction, structure semblable à un début de Tour Eiffel. Cette sculpture a suscité bien des hésitations au début, lorsque les parents la trouvaient effrayante, ainsi que le rapporte Jessica Steinberg, du Jérusalem Times36. Mais le maire de l’époque, Teddy Kollek, a tenu bon face aux opposants, puis les enfants se la sont appropriée et il existe actuellement un comité de soutien à la fois pour sa réhabilitation37 et pour la conservation du parc qui l’abrite38.

Article détaillé : Le Golem (Niki).
Le Jardin des Tarots[modifier | modifier le code]

l’Empereur (interne).
Inspirée par le Parc Güell de Gaudí à Barcelone, le Palais idéal du facteur Cheval et les « monstres du bois sacré » des Jardins de Bomarzo39, elle réalise, à Capalbio en Toscane, à partir de 1979, le Jardin des Tarots qui réunit des sculptures monumentales inspirées par les figures du tarot divinatoire. Il a ouvert ses portes en 1998. Ces sculptures étant habitables Niki de Saint Phalle a vécu dans la sculpture L’impératrice pendant toute la durée des travaux 40.

Article détaillé : Jardin des Tarots.
La Grotte[modifier | modifier le code]

La Grotte.

Grotte avec Nana.
Après la restauration de la grotte qui se trouve au nord-ouest des Jardins royaux de Herrenhäuser41 de Hanovre — à l’occasion de l’Expo 2000 — Niki transforme l’intérieur de ce bâtiment en une véritable œuvre d’art. Ce travail commence dès 1999 et est terminé en 200342, fidèle aux plans de l’artiste décédée. La Grotte désignée par Niki sous le nom de The Grotto sera inaugurée en mars 2003, en même temps que l’exposition de la donation Niki de Saint Phalle au Sprengel Museum de la ville de Hanovre dont elle a été faite citoyenne d’honneur20.

La Grotte est composée de trois salles ornées de mosaïques : l’aile gauche est couverte de miroirs blancs, l’aile droite de morceaux de verres bleu-nuit et noirs, et la pièce centrale — par laquelle on entre — est ornée de bande de galets de toutes nuances, de miroirs tantôt blancs tantôt dorés et de verreries rouges, jaunes et orange. Toutes les mosaïques sont recouvertes de figurines plastiques sur le thème La Vie de l’Homme. Les ornements en forme de spirales à l’entrée de l’édifice représentent la Spiritualité. La salle des miroirs blancs sur le thème Jour et Vie montre avec plus de 40 figurines en relief des exemples de presque toutes les périodes de l’artiste. L’aile bleue est La Nuit et le Cosmos. Des figurines féminines dansent dans le ciel bleu-nuit et s’accrochent aux étoiles. Les fenêtres et portes de la grotte sont des grilles incrustées aussi de miroirs et de verreries.

Queen Califia’s magical circle[modifier | modifier le code]
Le jardin, dont les sculptures ont été conçues pour un parc de divertissement selon le principe du jardin des tarots est situé à Escondido, en Californie43. Il comprend notamment la sculpture de la Reine Califia, personnage gigantesque chevauchant un aigle qui lui sert de trône, accompagnée de totems, de monstres labyrinthiques, d’un mur de serpents44. Cette œuvre a été inspirée à l’artiste par la lecture du livre de John McPhee Assembling California, qui représentait pour Niki une métaphore sur les forts contrastes économiques et démographiques au sein de la société californienne45. À l’instar du Jardin des Tarots, cette œuvre a été entièrement financée grâce à une série de produits vendus par Niki (parfums, déclinaisons), et ensuite offerte à la ville de Escondido45.

Article détaillé : Queen Califia’s Magical Circle.
Les Black Heroes[modifier | modifier le code]
Engagée dans la lutte en faveur des droits des Noirs américains, Niki de Saint Phalle leur a rendu hommage avec une série intitulée Black Heroes à partir de 1998. Une série de sculptures monumentales dédiée aux noirs célèbres après les Black Nanas, et qui comprend aussi bien des artistes : Joséphine Baker Miles Davis46. Miles Davis devant l’hôtel Negresco de Nice [archive], Louis Armstrong47, que des sportifs Michael Jordan22.

Plusieurs de ces statues ont été exposées sur Park Avenue en 2012 lors de l’exposition Park Avenue Features Niki de Saint Phalle notamment la statue de Tony Gwynn, joueur de baseball, celle du Basketball Player Michael Jordan sportifs et musicien sur Park avenue [archive].

La sculpture de Michael Jordan porte le nom de Number 23 Black Heroes, elle est exposée devant le National Museum of Women in the Arts. Elle fait partie du New York Avenue Sculpture Project initié par le musée sur New York Avenue, Washington48.

Niki et Jean[modifier | modifier le code]

Fontaine de jouvence, Duisbourg, Allemagne par Niki de Saint Phalle

L’Ange protecteur dans le hall de la gare centrale de Zurich par Niki de Saint Phalle, 199749.
Álvaro Rodríguez Fominaya, directeur du musée Guggenheim (Bilbao)50, s’est penché sur les rapports des couples d’artistes en général et sur celui de Niki et Jean en particulier. Divorcée de l’écrivain américain Harry Mathews, dont elle a eu deux enfants (Laura Duke Condominas et Philip Mathews), Niki épouse Jean Tinguely, le 13 juillet 1971, lui-même récemment divorcé de sa femme Eva Aeppli.

Álvaro Rodríguez note que dans la plupart des couples d’artistes, la femme tient lieu d’assistante (on dit collaboratrice), ce qui est le contraire dans le couple Saint-Phalle-Tinguely, surtout à partir de 1972 lorsque Le Golem, sculpture monumentale pour jardin d’enfants de Jérusalem, est commandé à Niki en Israël. Pour construire cette grosse tête dont trois langues servent de toboggan de 9 × 14 × 16 m51, Jean devient l’assistant de la créatrice. C’est lui qui intervient comme technicien, aidé par ses collaborateurs Rico Weber et Paul Wiedemer, une équipe que Niki surnomme All Stars Swiss Team et dont une partie sera présente pour la réalisation du Jardin des tarots en Toscane52.

Si Niki a réellement été la collaboratrice de Jean pour le Cyclop à Milly-la-Forêt53, la tendance s’est inversée pour le Jardin des Tarots à Capalbio en Italie, puis la Fontaine Stravinski à Paris54. , et aussi la fontaine de Château-Chinon (Ville) commandée en 1987 par François Mitterrand52.

De juin à septembre 1966, Niki avait déjà réalisé avec l’aide de Jean Tinguely, Hon/Elle, une femme monumentale de 28 m de longueur sur 6 m de hauteur et de 9 m de largeur, couchée sur le dos avec les jambes écartées au Moderna Museet de Stockholm. Les visiteurs pouvaient rentrer dans la sculpture par son sexe et découvrir à l’intérieur plusieurs pièces réalisées par Niki. La statue a été détruite après l’exposition55.

En 1967, Niki et Jean se lancent dans un travail collectif pour une œuvre démesurée : Le Paradis fantastique où les machines de l’un étaient en compétition avec les sculptures de l’autre. C’est une commande de l’État français pour l’exposition universelle de Montréal dans laquelle les machines de Tinguely affrontent les Nanas de Niki de Saint Phalle : un groupe de six grandes machines cinétiques attaquent neuf grandes sculptures de Niki56. Raspoutine, machine compliquée qui se déplace sur des rails, attaque la sculpture Le Bébé Monstre, et Le Piqueur de Jean fait des trous méthodiquement dans une grande Nana « dont les fesses ont la taille d’un navire de guerre57. »

Le Paradis fantastique est une aventure qui annonce d’un certaine manière la Fontaine Stravinsky et la Fontaine de Château-Chinon52. Elle est interrompue dès le début parce que Niki tombe malade pour la première fois en travaillant sur les sculptures à cause des émanations de gaz du polystyrène chauffé. Elle reviendra juste à temps pour se trouver dans un conflit qui oppose les deux artistes à Pierre Bordas, président du pavillon français, qui s’insurge contre la taille démesurée des sculptures52. Ce qui reste de cette œuvre gigantesque se trouve au Moderna Museet de Stockolm où elle a été transférée en 1971, avec un affiche de Niki de Saint Phalle intitulée Paradiset Moderna Museet , Stockholm58, après avoir été exposée à la Galerie d’art Albright-Knox de Buffalo, puis à Central Park à New York, elle a été offerte par les deux artistes au Moderna Museet de Stockholm considérée comme sa ville natale puisque ce paradis est directement inspiré de Hon/Elle57. Réhabilité grâce à Jean et Dominique de Ménil, repeint par les deux artistes, cet ensemble auquel une fontaine a été ajoutée, orne maintenant un parc tout près du musée59.

En 1985, lorsque Jean, opéré du cœur, reste dans le coma, Niki fait brûler de nombreuses bougies dans une église orthodoxe de Genève dans l’espoir qu’il survive, et elle fait le vœu de construire une chapelle s’il revient à lui. Ce sera La Chapelle de la Tempérance dans le Jardin des tarots de Capalbio60. Elle finance la réhabilitation du Cyclop et son entretien, à partir de mai 1994, selon les indications que lui avait laissées Jean Tinguely. C’est à partir de septembre-octobre de la même année que l’État français prend le relais20.

Article détaillé : Le Cyclop.
Après la mort de Jean, Niki cherche par tous les moyens à lui rendre hommage. D’abord en donnant des œuvres de Jean Tinguely pour permettre, en 1996, l’ouverture du musée Tinguely de Bâle58. Ensuite en lui dédiant trois Tableaux éclatés où le mot « Jean » est écrit en ferraille de même nature que les rouages et objets divers qui composent les tableaux surnommés par Niki : Méta Tinguely. Le premier est Jean I, le deuxième Jean II, et le troisième Jean III, 1992, peinture, bois, éléments métalliques et moteurs électriques sur bois 185 × 123 × 21 cm musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, donation Niki de Saint Phalle.

De 1991 à 1996, elle soutient activement la construction du Musée Tinguely de Bâle, malgré l’opposition de nombreux amis de Jean. Ceux-ci souhaitent transformer le hangar d’une ancienne fabrique de verre qu’il avait achetée à La Verrerie (canton de Fribourg) en anti-musée. Niki donne cinquante cinq sculptures et une centaine d’œuvres graphiques de l’artiste pour alimenter la collection. L’inauguration organisée par Ponthus Hultén a lieu le 30 septembre 199646.

Son hommage posthume au compagnon décédé se poursuit dans toute la série des Tableaux éclatés, réalisés en collaboration avec le peintre Larry Rivers, qui emploient de éléments électriques et électromécaniques évoquant l’artiste disparu. Selon Álvaro Rodríguez Fominaya :

« Sans doute faut-il y voir une tentative visant à perpétuer une relation dynamique et changeante, interrompue par l’absence, relation quelque peu chaotique et perturbée par les vicissitudes de la vie quotidienne, sentimentale et intellectuelle, mais qui s’est étendue sur cinq décennies, et qui nous a légué l’un des corpus les plus singuliers du travail artistique du xxe siècle58. »

La « sculpteuse »[modifier | modifier le code]
Longtemps, Niki de Saint Phalle a été classée au second rang des sculpteurs, puisque la langue française n’a pas de féminin attesté pour cet art. On la trouve alors, comme Germaine Richier, reléguée au rang de « femme-sculpteur », le mot « sculptrice » étant considéré comme une faute de français, ou pire, une faute de goût61. Même le livre consacré à la sculpture moderne, édité par le Centre Pompidou en 1995note 8, lui offre une portion congrue dans un ouvrage où Jean Tinguely est abondamment répertorié comme sculpteur. Niki est présente uniquement avec Leto ou La Crucifixion (1963)62 ; elle est rapidement citée entre Hans Bellmer, sculpteur occasionnel représenté par La Poupée figure féminine écartelée62 et George Segal, dont la représentation de « l’Homme » est concentrée sur La Caissière de cinéma62. Ce parti pris explique la méfiance de chroniqueurs misogynes qui ont longtemps traité Niki de Saint Phalle avec une certaine désinvolture, ainsi que le remarque Catherine Gonnard28 et qu’on le vérifie dans l’ouvrage de Goldberg et Monnin sur la sculpture moderne où Niki ne figure qu’au « tableau récapitulatif »63.

Si Niki a réussi

« à envahir, la fleur au fusil, un espace public réservé aux hommes artistes et architectes […], avec ses Tirs, il lui aura fallu le soutien d’hommes féministes comme Jean Tinguely ou Ponthus Hultén pour s’aventurer dans le domaine de la sculpture publique à une époque où seule Barbara Hepworth s’était lancée sans être ni féminine, ni féministe. Or ce sont ces deux attributs qui caractérisent la véritable innovation de Niki de Saint Phalle dans l’histoire de l’art64. »

Son chef-d’œuvre éphémère, exécuté avec la collaboration technique de Jean Tinguely et du finlandais Per Olof Ultvedtnote 9 voit le jour en 1966 : une gigantesque sculpture, Hon/Elle, réalisée au Moderna Museet la propulse au rang des « grands », ainsi que le rapportent Jean-Louis Ferrier et Yann Le Pichon :

« Niki de Saint Phalle sculpte comme Arman accumule, comme Spoerri digère ses reliefs de repas dans de la résine epoxy, comme Christo emballe, comme Hains et Villeglé collent déchirent et décollent, comme Tinguely soude et démonte65. »

Cette œuvre gigantesque, de six tonnes et vingt trois mètres de long, qui porte le titre initial de Hon-en Katedral, propulse Niki de Saint Phalle encore plus qu’elle ne l’était déjà sur la scène internationale66. Mais il n’en reste que la maquette ainsi que de nombreuses photographies et vidéos d’époque67.

Article détaillé : Hon/Elle.
Après la mort de Jean, Niki continue à sculpter, après avoir réglé la lourde succession de son compagnon. Elle crée, en 1997, une série de cinq sculptures en cinq exemplaires. Puis elle entreprend Remembering, une série de 22 reliefs localisés à l’Espace Jean-Tinguely–Niki-de-Saint-Phalle de Fribourg68, qu’elle termine en 200020. Ainsi que ses hommages aux héros de la communauté noire : Miles Davis, Louis Armstrong, Joséphine Baker, Michael Jordan, avec l’aide de Marcelo Zitelli et Lech Juretko. Cette même année, elle inaugure L’Ange protecteur le 14 novembre, dans la gare centrale de Zurich46,69.

Elle reçoit encore de nombreuses commandes pour des réalisations de grande taille. Parmi celles-ci : une sculpture-maison de jeu pour enfants, en 1998 Gila, maison monstre, qui a été réabilitée depuis70. À partir de l’année 2000, elle entreprend son avant-dernier grand monument : La Cabeza71, suivi, en 2001, de Coming together, très grande sculpture destinée à orner l’extérieur du Palais des congrès de San Diego, Californie, avec cinq autres œuvres d’art monumentales d’autres artistes72. Enfin, sa dernière entreprise personnelle, La Cabeza, qui n’avait jamais quitté les États-Unis, où elle a été présentée, en 2012, au Bechtler Museum of Modern Art avec Cat Head Totem, a été exposée en France sur le parvis du Cent Quatre à Paris, en 2014 et 201573,74.

Niki de Saint Phalle aux États-Unis[modifier | modifier le code]
Les sculptures de Niki de Saint Phalle se sont révélées très vite proches du public américain lorsque des œuvres ont été exposées en plein air comme c’est le cas de Sun God75. Plus difficile a été sa pénétration du milieu très masculin des galeries et du marché de l’art pour les tirs et assemblages, appréciés d’abord des happy fews, collectionneurs américains, qui ont ensuite fait don de leurs œuvres aux musées américains76.

Identifiée comme un membre des avant-gardes qui comprennent Kenneth Koch, John Ashbery, Robert Rauschenberg, Jean Tinguely, elle entre dans le marché de l’art et des institutions de l’ouest à l’est grâce au soutien actif d’Alexandre Iolas, d’origine grecque, ancien danseur, qui possède une galerie à Paris et une à New York.

Niki bénéficie aussi du soutien de la Everett Ellin Gallery de Los Angeles. Le premier Tir américain, se déroule le 4 mars 1962 à l’occasion du vernissage de l’exposition Tinguely dans cette galerie, sur un parking de Sunset Strip derrière un bar de Jazz populaire le Club Renaissance. La performance a lieu devant à peu près cent cinquante personnes. Quelques jours plus tard, la galerie Everett Ellin finance elle-même une séance de tir de Niki de Saint Phalle sur les hauteurs de Malibu.

Ce jour-là, Niki de Saint Phalle est assistée de Edward Kienholz. À partir de là, elle est une de seules artistes femmes, avec Joan Mitchell, jamais exposées à la Virginia Dwan Gallery qui suit le milieu artistique californien, essentiellement masculin.

Mais c’est surtout à Alexandre Iolas qu’elle doit l’intérêt de collectionneurs américains pour ses œuvres. Pendant dix ans et jusqu’à sa mort en 1987, ce familier des surréalistes va œuvrer pour faire connaître aux grands collectionneurs le travail de Niki de Saint Phalle. C’est lui qui conseille aux Menils d’acquérir des œuvres de Niki pour leur collection. Les Menil deviendront d’ailleurs des proches amis de Niki et Jean.

Dans les années 1990, ce sont les collectionneurs Howard et Jean Lipman qui acquièrent la Black Venus dont ils feront don au Whitney Museum of American Art ou Joseh H. Hirshorn pour le Washington Hirshorn Museum.

Toutefois, si le public et les collectionneurs privés apprécie le travail de Niki de Saint Phalle, les musées restent plus réticents dans leurs acquisitions. Les œuvres de Niki sont entrées dans les musées américains essentiellement grâce aux donations.

Ainsi William C. Seitz, conservateur du Museum of Modern Art, commissaire de l’exposition de 1961 The Art of Assemblage, très critique envers Niki de Saint Phalle, possédait pour sa collection personnelle Tu est moi (sic), technique mixte, 1960. L’œuvre n’entrera dans un musée qu’après sa mort, sa veuve en ayant fait don en 1982 au musée d’art de l’université de Princeton.

PUBLICATIONS

1990 : Le sida, tu ne l’attraperas pas…, avec la collab. de Philip Mathews, Vanves, Agence française de lutte contre le sida
1993 : Méchant Méchant et les jouets perdus, avec Laurent Condominas, Paris, Éditions la Différence
1994 : Mon secret, Éditions la Différence
1997 : Le Jardin des tarots, photographies de Giulio Pietromarchi, Berne, éd. Benteli
2001 : Catalogue raisonné, 1949-2000. Volume I, Peintures, tirs, assemblages, reliefs, 1949-2000, Lausanne, Acatos

Posted by pedrosimoes7 on 2018-10-21 16:32:39

Tagged: , Centro de Arte Manuel de Brito , CAMB , Palácio dos Anjos , Algés , Portugal , NOUVEAUX REALISTES , Niki de Saint-Phalle

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